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Le journal d’Onet Technologies au Japon – 2/4

Episode 2 – Situation Marché S1 2021 

Coronavirus

L’économie japonaise souffre de la crise liée à la pandémie, notamment à cause d’impacts forts sur ses moteurs habituels, la consommation et les exportations. Le PIB de l’année 2020 a enregistré une chute de 4.8% par rapport à l’année précédente, la seconde plus forte baisse, derrière 2009, depuis la compilation des données débutée en 1955. Le Yen perd de la valeur par rapport à l’Euro avec une nette inversion de tendance observée suite à la mise en place des mesures sanitaires au printemps 2020. Le taux JPY/EUR qui était autour de 120 est à 130 en cette fin de premier trimestre 2021.

Parmi les mesures prises au Japon pour lutter contre la pandémie, ce sont les restrictions d’entrée sur le territoire qui sont particulièrement fortes. Après une courte reprise de la délivrance de visas à la fin l’année 2020 stoppée début janvier, il est actuellement pratiquement impossible d’entrer au Japon. Les voyages ne sont autorisés qu’aux citoyens et résidents japonais et sont soumis à une procédure très contrôlée.

Le Japon a subi trois vagues de progression de l’épidémie sans perdre le contrôle et le bilan humain est incomparable à celui des pays européens : La mortalité (totale) japonaise sur l’année 2020 était la plus basse depuis 11 ans. La politique japonaise exclut le principe de « vivre avec le virus » et vise à l’élimination totale de cas de contamination, en optant pourtant pour des mesures relativement peu restrictives (c’est-à-dire sans confinement dur). Une quatrième vague est en cours depuis le mois de mars, traitée de manière similaire aux précédentes. Cependant, les critiques sont vives concernant le progrès de la vaccination : Avec seulement 1% de la population vaccinée en ce début de printemps, le Japon est très loin derrière les autres pays industrialisés.

Port du masque dans le quartier de Shibuya à Tokyo.

Fukushima Daiichi

TEPCO a annoncé fin février avoir terminé le retrait du combustible de la piscine de l’unité 3 de la centrale de Fukushima Daiichi, terminant cette opération en un peu moins de 2 ans. Il s’agit d’une étape franchie importante, qui a nécessité des travaux préalables complexes dont la construction d’une enceinte ventilée sur la structure du réacteur endommagée par l’explosion d’hydrogène.

TEPCO – L’Unité 3 au moment de l’accident et après construction de la structure étanche

Le projet de construction du robot « Boom » a annoncé du retard. Le robot développé par Kurion, en collaboration avec des entreprises japonaises dont MHI, est fabriqué au Royaume-Uni par Veolia Nuclear Solutions où les mesures sanitaires ont ralenti les opérations. Le projet a été modifié pour organiser le transport et la fin des essais inactifs au Japon dans l’espoir de limiter le retard à un an. Avec sept articulations se dépliant sur un total de 21 mètres, ce bras robotique doit être déployé par un accès horizontal dans l’Unité 2 de Fukushima Daiichi, notamment pour effectuer la reprise d’échantillons de débris de combustible. La cible de démarrage de ces opérations est désormais à fin 2022.

Un tremblement de terre puissant (M7.1), peut être une réplique de celui de 2011, a secoué la préfecture de Fukushima le 13 février 2021. Peu de dégâts importants sur la centrale ont été rapportés par TEPCO. Toutefois, une diminution du niveau d’eau maintenu en permanence pour garantir le refroidissement des réacteurs endommagés a été observée dans les Unités 1 et 3. Cette perte d’eau dans l’enceinte de confinement est actuellement compensée par une augmentation du débit entrant. Les investigations sont encore en cours, mais TEPCO pense que l’hypothèse d’un élargissement des fuites existantes est la plus probable.

10 après l’accident, le démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi a progressé de manière visible. Cependant, le retard de la mise en place du système de reprise des débris de combustible à petite échelle (bras anglais) n’est pas une bonne nouvelle pour TEPCO. En effet, ce projet est en quelque sorte sur le chemin citrique du démantèlement des réacteurs car le manque de connaissances sur les propriétés des débris de combustible bloquent beaucoup d’études et de choix technologiques. TEPCO espère que les analyses des échantillons que ce système téléopéré prélèvera permettront de définir les détails du scénario de démantèlement à partir de 2025. Enfin, les conséquences du tremblement de terre de ce début d’année nous rappellent que, bien que complexe, le démantèlement de Fukushima doit aller vite. Les structures des réacteurs, en particulier leur « PCV » (enceinte de confinement des REB), sont endommagées et il est difficile de garantir l’absence de rejets dans l’environnement en cas d’évènement majeur.

Redémarrage de la flotte nucléaire

Mi-mars, plusieurs évènements ont eu un impact sur le redémarrage de la flotte nucléaire japonaise. Ikata 3, à l’arrêt depuis décembre 2019 pour une maintenance programmée, a finalement reçu l’autorisation de redémarrer de la préfecture d’Hiroshima. Une bataille judiciaire a opposé des résidents et l’exploitant Shikoku EPCO sur des questions de sûreté liées à l’activité sismique et volcanique de cette localité.

Le même jour, la ville de Mito a suspendu le redémarrage de Tokai 2. Cette décision fait également suite à une procédure judiciaire engagée par des résidents de la Préfecture d’Ibaraki et des préfectures voisines. Dans ce cas, c’est la zone couverte par le plan d’évacuation de l’exploitant JAPC qui est remis en cause.

Egalement, le redémarrage de Kashiwazaki-Kariwa 7 a été suspendu. Pour cette affaire, il s’agit d’une mesure prise par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (NRA) contre l’exploitant TEPCO suite à une série de failles de sécurité survenues plus tôt cette année. Pendant près d’un mois, le site a fonctionné avec un système de sécurité endommagé, ne pouvant pas garantir l’absence d’intrusion.

Le redémarrage de la flotte nucléaire japonaise reste extrêmement compliqué 10 ans après la catastrophe. Aux décisions technico-économiques sur l’intérêt d’effectuer les modifications de sûreté pour permettre le redémarrage s’ajoute une opposition de la population assez forte. Même lorsque l’Autorité de Sûreté donne un avis favorable, la décision finale de redémarrer une centrale revient aux autorités judicaires des localités concernées, qui instruisent également les plaintes déposées par le public.

France-Japon

M. Philippe Setton, ambassadeur de France au Japon nommé le 30 septembre 2020, s’est rendu à Fukushima Daiichi le 29 mars 2021 où il a pu échanger avec des représentants de TEPCO. Cette visite faisait partie d’un déplacement dans les préfectures de Fukushima et Miyagi pour marquer la solidarité de la France après la grande catastrophe de l’Est du Japon.

Framatome a annoncé en février la création d’une filiale japonaise Framatome Japan, dans le but d’apporter son soutien au redémarre de la flotte japonaise et à l’atteinte des objectifs nationaux en matière d’énergie décarbonée à l’horizon 2050.

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