Machines NTRIC : une technologie de précision au service de la sûreté nucléaire dans un environnement à fort enjeu radiologique.

Dans une centrale nucléaire, certains équipements sont peu visibles, mais leur rôle est fondamental pour garantir la sûreté des installations. C’est le cas du RIC, le système d’instrumentation du cœur du réacteur.

 

L’opération NTRIC intervient directement sur cet équipement sensible. Les objectifs : inspecter, nettoyer et traiter les tubes affectés par des piqûres de corrosion afin de préserver leur bon fonctionnement dans le temps, sans avoir à remplacer une partie de l’installation.

Le RIC : l’instrumentation du cœur du réacteur

À la partie basse de la cuve du réacteur, environ 50 tubes en inox sont soudés sur le fond de cuve.

Ces tubes permettent le passage d’instruments capables de mesurer l’activité du combustible nucléaire dans le cœur du réacteur. Ils assurent ainsi la surveillance continue du comportement du combustible et permettent de vérifier que le réacteur fonctionne dans des conditions parfaitement maîtrisées.

 

Cette instrumentation constitue un élément essentiel de la sûreté nucléaire : elle permet un suivi précis du cœur du réacteur et contribue directement à la sécurité de l’installation.

Un enjeu de maintenance : pollution surfacique et corrosion

Avec le temps, ces zones sensibles peuvent être affectées par ce que l’on appelle une pollution surfacique.

Il peut s’agir de dépôts, de phénomènes de corrosion ou encore de dégradations liées à des matériaux non adaptés. Ces altérations peuvent fragiliser les surfaces métalliques et entraîner des problèmes d’étanchéité.

Dans un environnement nucléaire, l’étanchéité est un enjeu majeur : elle garantit la fiabilité des équipements, leur durabilité et la sûreté globale de l’installation.

NTRIC : intervenir sans démonter

L’opération NTRIC a été conçue pour intervenir directement sur ces zones sensibles.

Grâce à des outillages téléopérés, pilotés à distance par des spécialistes, elle permet de réaliser plusieurs opérations de maintenance avec un haut niveau de précision, tout en limitant les interventions lourdes sur l’installation.

Son fonctionnement peut rappeler, dans une certaine mesure, celui d’un dentiste à la recherche de caries : observer, nettoyer, détecter les défauts, puis intervenir localement avant qu’un problème plus important ne se développe.

Trois missions principales

1. Inspection télévisuelle

Avant toute intervention, une inspection visuelle est réalisée à l’aide de caméras haute définition, miniaturisées et embarquées.

Elle permet d’observer l’état des surfaces, de repérer des traces de corrosion, des anomalies ou des débuts de dégradation.

Cette étape constitue la base du diagnostic.

2. Brossage téléopéré

Une machine équipée de brosses inox vient ensuite nettoyer les surfaces.

L’objectif est de retirer les dépôts, assainir la zone et restaurer un bon état de surface afin d’être en mesure de réaliser une seconde inspection télévisuelle puis un examen non destructif.

Cette opération s’inscrit dans une logique de maintenance préventive.

3. Examen non destructif et usinage de précision

Lorsque l’inspection met en évidence un défaut de surface, comme des traces de corrosion ou de la piqûration localisée, la technique d’examen non destructif par ressuage est mise en œuvre et permet d’identifier avec précision un éventuel défaut sans détériorer la pièce.

Si nécessaire, une machine d’usinage téléopérée intervient ensuite pour retirer uniquement la matière endommagée grâce à une maîtrise de la profondeur d’affouillement.

L’objectif est double : stopper la propagation du défaut et retirer le minimum de matière possible afin de préserver l’équipement.

Un rôle clé pour la sûreté

Ces opérations sont peu visibles, mais elles sont essentielles au maintien des performances de l’installation.

Elles permettent :

  • de garantir l’étanchéité des équipements,
  • de préserver l’instrumentation du cœur du réacteur,
  • d’éviter l’apparition de défauts plus importants,
  • et de renforcer durablement la sûreté nucléaire.

L’opération NTRIC occupe ainsi une place stratégique dans la maintenance des installations.