Episode 4 – Expatriation et découverte de la culture japonaise
日本語– Japonais : Ecriture et prononciation – Leçon 2
Dans le premier numéro du Journal, vous avez appris à prononcer le japonais en le lisant écrit en rōmaji (alphabet latin). Vous êtes désormais incollables ? Augmentons alors un peu la difficulté avec l’écriture en « Kana », les alphabets phonétiques utilisés par les japonais.
Rappelons que si l’écriture en « Hiragana » a des utilités multiples, les « Katakana » servent principalement à écrire des mots d’origine étrangère (et les onomatopées) ou plus précisément à les transcrire dans une forme permettant leur lecture et prononciation en japonais. Les deux alphabets ne se ressemblent pas et il faut donc apprendre les 71 caractères de chaque (sans compter les formes combinant 2 caractères). L’aspect spécifique des Katakana permet de les repérer facilement dans un texte. Deviner le sens de mots écrits en Katakana sans comprendre tout le contexte est plutôt amusant, nous vous proposons d’essayer.

Utilisez le tableau des caractères Katakana pour deviner les mots français ci-dessous.
Pour la ponctuation, les symboles :
・Servent à séparer les mots d’origine étrangère (en japonais on ne met pas d’espace entre les mots, c’est extrêmement perturbant au départ maison finit par s’habituer.)
ー Indiquent une voyelle longue.
= Remplacent le tiret utilisé dans la langue étrangère.
カフェ・オ・レ
クリームブリュレ
ジャン=ポール・ベルモンド
Les distributeurs automatiques japonais
Les distributeurs automatiques de pizza ou de baguette vous impressionnent ? Au Japon ils feraient sourire, dépassés ! Ici, qu’on soit à Tokyo ou en pleine campagne, le prochain distributeur automatique n’est jamais loin. En plus de leur nombre, ce qu’ils distribuent est très varié. Les distributeurs de boissons ou snacks sont les plus fréquents, mais il y a bien plus surprenant : nourriture chaude (ex. hamburger) ou congelée (ex. cône de crème glacée sur un quai de métro), ingrédients pour cuisiner (ex. bouillon de poisson – avec le petit poisson séché dans la bouteille), couches pour bébé, jouets, piles électriques, bières, cigarettes et bien d’autres choses (parfois très étranges). Le modèle en photo « King’s Treasure Box », situé près dans le quartier Ueno à Tokyo, est une loterie : on insère 1000 Yen (7,5 €) pour recevoir un lot allant de la lunette fantaisie en plastique à la console de jeu. Vous pourrez apprécier la diversité des lots en zoomant sur la photo.

Point Culture – Des différences à prendre au sérieux !
Le Japon est connu pour ses traits culturels assez uniques ou du moins très différents des autres cultures y compris géographiquement voisines.
Vous avez raison si vous avez en tête la politesse, la ponctualité ou encore la difficulté à exprimer clairement un refus. Cependant, l’étude des différences entre les cultures japonaises et françaises fait ressortir une dimension culturelle sur laquelle notre écart est maximal : Le raisonnement.
Moins connue, cette différence est à prendre au sérieux pour deux raisons. D’abord, pour une ingénierie, le raisonnement c’est plutôt important ! Ensuite, un écart si grand n’est pas traité simplement par la levée de la barrière linguistique (pas même avec une excellente traduction). Cela nécessite d’agir en amont, afin de rentre nos raisonnements plus « compatibles ».
La culture française est décrite par un raisonnement conceptuel et une démarche intellectuelle déductive. La culture japonaise est décrite, à l’opposée, par un raisonnement explicite et une démarche intellectuelle inductive.


L’utilisation de ces démarches est solidement ancrée dans notre quotidien sans que nous en ayons toujours conscience. Cela débute en fait dès l’école. Souvenez-vous de vos cours de mathématiques où l’on vous a donné d’abord le théorème, puis des corolaires déduits de la démonstration, avant de vous faire appliquer et vérifier la règle dans le cadre d’exercices. Les cultures utilisant la démarche inductive apprennent plutôt par succession d’études de cas, introduisant des problèmes nouveaux à chaque fois, pour aboutir à la généralisation et construction de la règle.
Concrètement, lorsque l’on développe une solution technique en ingénierie :
- En France : Nous posons le cadre avec une étude de faisabilité assez globale, puis apportons du détail sur les concepts avec une succession d’études d’avant-projet. La phase de réalisation ne débute que lorsque la documentation est très complète et les derniers détails sont réglés lors de la phase de « déverminage » sur la solution déployée.
- Au Japon : Le travail débute par une collecte de situations passées, l’objectif étant d’analyser des études de cas se rapprochant de la problématique à traiter. Très rapidement, les solutions existantes les plus pertinentes sont testées (expérimentalement) dans l’environnement du nouveau projet. La suite inclut du prototypage, avec des ramifications consistant chacune à traiter une problématique / améliorer une brique du système, pour donner au final une solution d’ensemble et son cadre.
Il n’y a pas de méthode globalement meilleure que l’autre, cela revient à tracer une ligne A-B de A à B ou de B à A, mais leur efficacité peut dépendre de la nature du projet. Pour travailler au Japon nous devons nous adapter dès la phase d’offre et changer nos méthodes pour la phase projet, mais ceci est aussi source d’opportunités.
Une règle d’or : En rédigeant des travaux pour un client japonais, être explicite facilite grandement la communication. Plutôt que de synthétiser des idées, il est préférable d’expliquer toute la démarche intellectuelle et surtout de partir d’exemples très concrets plutôt que de concepts.
Symboles du Japon – Le Shiba

Le Japon est un pays plein de symboles, reconnus y compris à l’étranger. Adulé, au moins autant que le train rapide Shinkansen, le Shiba. Ce petit chien est sans doute le compagnon préféré des japonais et on en croise beaucoup dans la rue, portant parfois des accessoires : Collier lumineux, t-shirt rose moulant, lunettes de soleil…
Au physique agile, au caractère fier, il est sûrement apprécié car il est aussi expressif (et donc photogénique). Particulièrement sonore aussi, il a la spécificité de « crier », parfois avec un dramatisme qui semble un peu exagéré par rapport à la situation (pour écouter ce que cela donne chez le vétérinaire : vidéo).
Pour répondre à une demande d’idée nouvelle pour remplacer le traditionnel feu tricolore utilisé pour illustrer les résultats bons, moyens ou mauvais dans nos rapports d’activités, nous vous proposons d’illustrer vos résultats sur 5 niveaux à l’aide de différents degrés d’expression du Shiba.

Si besoin d’associer le son à l’image, vous pouvez entendre ce Shiba, ou plutôt sa double personnalité « Satan » ici : vidéo




Réponses à l’exercice en Katakana :
| カフェ・オ・レ : Café au lait / クリームブリュレ : Crème Brûlée / ジャン=ポール・ベルモンド : Jean-Paul Belmondo |

