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Le journal d’Onet Technologies au Japon #2 – 2/4

Coronavirus

La situation liée au Covid-19 s’est fortement dégradée pendant l’été au Japon. Alors que jusqu’à la fin du premier semestre 2021, le Japon était souvent cité en exemple pour sa maitrise de la pandémie malgré des mesures peu contraignantes, les indicateurs de la 5ème vague de contaminations, un ordre de grandeur au-dessus des précédentes, ont finalement rapproché la situation japonaise de celles des pays européens. La situation est en amélioration depuis fin août et le seuil de 50% de la population ayant reçu deux doses de vaccin a été atteint mi-septembre après des mois de progression importante (ce taux était négligeable à la fin du mois de mars et encore inférieur à 15% fin juin). Dans ce contexte, le gouvernement japonais a lancé en septembre l’étude d’un plan de sortie graduelle des restrictions qui pèsent sur l’économie, concernant notamment la restauration, les rassemblements de personnes et les déplacements.

Le plan à l’étude laisse espérer un assouplissement des restrictions d’entrées sur le territoire japonais, pour des raisons professionnelles, vers la fin d’année 2021. L’issue reste incertaine et dépendra de l’atteinte de critères que le gouvernement est en train de fixer.

Le site de Tsukiji, l’iconique marché aux poissons fermé en 2018 pour être déplacé en dehors du centre-ville, reconverti en centre de vaccination de masse (The Asahi Shimbun)

Fukushima Daiichi

Suite à l’annonce en avril de la décision de rejeter en mer l’eau décontaminée par le procédé ALPS (Advanced Liquid Processing System), TEPCO a présenté à la fin du mois d’août son plan de mesures techniques et organisationnelles pour garantir la sûreté des opérations, ainsi que des mesures pour minimiser les impacts en termes d’atteinte à la réputation. Parmi les mesures techniques mises en valeur, TEPCO a présenté une solution pour garantir le contrôle de la composition et de l’homogénéité de l’eau rejetée, incluant une conduite sous-marine d’un kilomètre de long. La cible de concentration en tritium au moment du rejet a été fixée à 1500 Bq/litre, mais TEPCO estime pouvoir atteindre 440 Bq/litre*. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique a accepté d’apporter un support technique à ces opérations, par des contrôles et revues visant à garantir le déroulement du plan de rejet dans la sûreté et la transparence. Le coup d’envoi de la mission de l’AIEA a eu lieu le 8 septembre sur le site de Fukushima Daiichi.

L’annonce de la décision de rejeter en mer l’eau décontaminée a fait réagir la population japonaise (et celles des pays voisins) avec émotion. Les parties japonaises ont encore un travail de communication important à réaliser pour améliorer l’acceptation de cette décision. A noter que dans ce cadre, la presse japonaise a utilisé l’exemple de l’usine de La Hague pour comparer l’activité totale de tritium actuellement entreposé à Fukushima Daiichi à l’équivalent d’un mois de rejet par notre site français ! Sur le plan de la sûreté, il est peu probable que la décision soit remise en cause dans l’avenir, même si TEPCO doit encore soumettre son plan à l’Autorité de Sûreté (NRA). Les rejets devraient débuter au printemps 2023 et, après une phase de test, pourraient se poursuivre pendant des décennies.

*Cette valeur peut être comparée à la recommandation de l’OMS pour l’eau potable : 10 000 Bq/litre.

Schématisation de la solution technique proposée par TEPCO pour le rejet de l’eau décontaminée

Redémarrage de la flotte nucléaire

L’autorité de sûreté nucléaire japonaise, la NRA, a annoncé en août avoir stoppé son processus d’inspection nécessaire au redémarrage de la centrale de Tsuruga-2 exploitée par JAPC (Japan Atomic Power Co.). L’évènement remonte à février 2020, lorsque les experts mandatés par la NRA ont découvert des altérations de données dans la documentation fournies par JAPC conduisant à présenter la faille sismique située sous la centrale moins active que dans des versions précédentes. Il s’agit de données géologiques clés, au cœur de la décision du redémarrage ou non de la centrale. Suite à cette suspension, JAPC devra fournir à la NRA une documentation appropriée et devra également présenter des modifications de son système de management.

Après l’incident en matière de sécurité (protection physique) sur Kashiwazaki-Kariwa 7 exploité par TEPCO plus tôt cette année, c’est au tour de JAPC de défrayer la chronique au Japon où la confiance de la population envers les exploitants nucléaires est déjà faible. Pour la presse japonaise, la suspicion du caractère intentionnel de ces altérations de données demeure malgré les explications de JAPC et, quoiqu’il en soit, les journaux mettent en doute les capacités de JAPC à rester un exploitant nucléaire. JAPC est une joint-venture dédiée au nucléaire créée par six exploitants japonais, dont TEPCO. Il s’agit d’un évènement de plus s’ajoutant à la difficulté du redémarrage de la flotte nucléaire japonaise.

Tsuruga 2, exploité par JAPC, situé dans la Préfecture de Fukui (côte ouest du Japon)

France – Japon

Parmi les entreprises françaises bien établies au Japon, Veolia pourra bientôt revendiquer 20 ans de présence depuis la création de son entité japonaise en 2002, employant environs 3600 personnes. Très présent sur son cœur de métier (la gestion de l’eau, de l’énergie et des déchets), Veolia a accéléré son développement cet été en remportant la gestion des eaux de la préfecture japonaise de Miyagi : Il s’agit d’une concession d’une durée de 20 ans, en consortium porté par Veolia avec 9 partenaires locaux, qui fournira de l’eau potable à près de 2 millions d’habitants et de l’eau pour les industriels, et gèrera les eaux usées. Cette concession est inédite au Japon et fait suite à une évolution législative autorisant la sous-traitance des services d’eau à des entreprises privées.

Source CCI France – Japon.